Débuts en politique.
L’artère principale du centre de la ville de Dreux, appelée la « Grande Rue », vit en 1953 son nom rallongé de celui de Maurice Viollette. Pourtant Maurice Viollette était encore à cette époque, vivant et maire de Dreux. Cette action de nommer ainsi l’emblématique Grande Rue montre l’importance de cette personnalité drouaise de la première moitié du vingtième siècle. C’est pourquoi je vais consacrer les cinq prochaines chroniques drouaises à la vie et à l’œuvre de Maurice Viollette.
Avant Dreux
Naissance de Maurice Viollette, le 3 septembre 1870, à Janville (28), commune dont le père est le maire. Cette date de naissance est très symbolique pendant le conflit franco-prussien. Maurice Viollette le rappelait souvent : il est né juste après le 2 septembre, date de l’abdication de l’Empereur Napoléon III et de la chute du Second Empire. Et la veille de la proclamation, le 4 septembre, de la Troisième République. Un présage, lui qui fut un grand républicain.
Après avoir passé son bac au lycée Pothier d’Orléans, il s’engage pour faire son service militaire au 82e Régiment d’Infanterie de Montargis. En 1892, après des études de droit à Paris, Maurice Viollette devient alors avocat. Son cabinet se situe rue Monge. Il entre dans la Franc-maçonnerie et est élu secrétaire général de la Jeunesse Républicaine.
1896. Il entre au cabinet d’Alexandre Millerand, ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes. En 1899, Maurice Viollette, au nom de son ministre, vint inaugurer à Dreux le monument dédié à l’ancien maire Louis Terrier (qui fut aussi ministre du Commerce). Par la qualité de son discours, Maurice Viollette se fait remarquer par les socialistes drouais qui recherchaient un candidat aux prochaines élections législatives.
Député et maire de Dreux - Avant la Première Guerre mondiale : 1902-1914.
1902. S’étant présenté sans succès aux législatives de 1898 à Chinon en Indre-et-Loire, Maurice Viollette accepte de se présenter à Dreux comme député. Pour lui, Dreux est une aubaine, ville près de Paris et de la chambre des députés par chemin de fer. Pour se faire connaître à Dreux, il fonde le journal « l’Action Républicaine ». Élu député d’Eure-et-Loir, il se présente sans succès aux élections municipales. En revanche, il est élu, en 1904, Conseiller général du canton de Dreux. Il sera constamment réélu et siègera jusqu’à sa mort en 1960 à l’Assemblée départementale.
1906. Franc-maçon, il établit à Dreux la loge « Justice et raison ». À la même époque, à la suite de la loi de séparation de l’Église et de l’État, les frères de l’éducation chrétienne sont chassés du pensionnat St-Pierre qui sera transformé en école laïque de filles.
1908. Maurice Viollette, déjà député depuis 1902, est élu maire de Dreux. Il sera constamment réélu maire jusqu’en 1959. Soit 51 ans de mandats municipaux ! 1908 voit aussi la création du « Cercle des anciens élèves et amis de l’enseignement laïque », devenu le « cercle laïque de Dreux ».
En octobre 1913, Maurice Viollette reçoit, en grandes pompe, le Président de la République Raymond Poincaré venu inaugurer le nouvel Hôpital rue Saint-Denis.
De nombreux établissements municipaux sont réalisés avant 1914. Une salle des fêtes en 1911, outre l’hôpital moderne, des maisons « ouvrières », ancêtres des H.L.M, des abattoirs, une régie du gaz et l’électricité, etc. La volonté de progrès social pour ses administrés devint manifeste chez Maurice Viollette. Puis vint la Première Guerre mondiale… (À suivre).