Et qui a eu l'honneur de l'interviewer avant son concert en terres anétaises ? Moi ! Une rencontre téléphonique tout en bienveillance et simplicité. Je vous dis tout.
Bonjour Théo, je suis enchantée de te rencontrer et que tu nous accordes ce moment. Bientôt à Anet pour un concert, comment prépares-tu ta venue ?
Après 70 à 80 concerts dans le cadre de ma tournée, nous sommes désormais rodés avec mon équipe. Pour les premiers concerts, la préparation, les répétitions et la concentration prenaient toute la place. La pression des premières représentations, nécessaire, ne nous permettait pas de profiter des villes où on se produisait. Aujourd'hui, le show est maîtrisé, nous sommes bien préparés et nous avons trouvé notre équilibre. Il nous permet de profiter pleinement sur scène, de nous amuser et d'être plus proche du public, d'interagir avec lui. Grâce à la maîtrise, nous avons trouvé la confiance. Désormais, nous pouvons nous autoriser de découvrir la ville qui nous reçoit, j'ai hâte de visiter Anet, goûter à ses spécialités et rencontrer son public.
Ta carrière a commencé en 2020, depuis c'est l'ascension. Comment as-tu vécu tes premiers pas sur scène ?
J'ai toujours aimé travailler enfermé chez moi, avec mes instruments et mes compositions mais ce que j'ai découvert avec la scène est incroyable. Il y a eu énormément de trac. Enfant, j'étais au Conservatoire, j'étais habitué aux auditions même si j'en éprouvais toujours un stress. Au moment du confinement, je ne pouvais plus en faire. Chez moi, j'ai commencé à composer, écrire des poèmes et les mettre en chanson. J'ai archivé mes créations sur les plateformes d'écoute et sur les réseaux sociaux et cela a pris. Le public était au rendez-vous et les écoutes ont pris de l'ampleur. J'ai fait mon premier concert à la Japan Expo à Marseille en 2022, j'avais tellement peur et étais si peu préparé. Depuis, nous avons fait du chemin. Désormais, sur scène nous sommes 3, on est préparés et cela nous a permis de faire l'Olympia il y a un peu plus de deux mois. C'était incroyable d'être sur cette scène mythique.
La célébrité est là maintenant. Qu'est-ce-que cela change dans ta vie ?
Je travaille toujours aussi tard que quand j'étais étudiant ! Chez moi, jusqu'à 4h du matin, je travaille mes morceaux, textes et compositions. Je dirai que je suis comme un étudiant chanceux mais sans les examens à passer ! Maintenant mes examens, ce sont mes concerts. Je ne mène pas la vie de star, je me déplace avec mon équipe, on dort dans des hôtels, et on rentre chez nous quand il y a une pause dans la tournée. Actuellement, je suis en Suisse, chez mes parents, je me ressource. Ma vie n'a pas réellement changé mais j'adore ce que je vis.
Comment envisages-tu la suite de ta carrière ?
Après la fin de la tournée, je vais continuer de composer. Cela fait partie de mon ADN. Je dois également faire mon service militaire en Suisse, il est obligatoire et dure 8 mois. Il faudra que j'articule ma carrière avec cet impératif. Je compte continuer à faire ce que j'aime.
Tu as déjà fait des très belles collaborations avec d'autres artistes. Laquelle t'a le plus marqué ?
Ce serait tellement facile de dire toutes ! Mais c'est le cas. Chacune de ces rencontres m'a apporté beaucoup de choses. Je commence avec KYO. Ils m'ont donné énormément de conseils pour la scène, les compositions, ils m'ont appris qu'il faut juste être libre ; qu'il faut davantage laisser parler ses émotions plutôt que sa technique. Leur expérience m'a beaucoup apporté. Ensuite, il y a eu Mentissa. C'est une artiste incroyable qui a su faire sa place. Elle m'a appris à mieux faire passer les émotions, à vivre mes textes et transmettre au public. Avec Loïc Nottet, encore un artiste belge, un vocaliste hors pair, j'ai développé le lyrisme du corps, appris à évoluer sur scène, à me sentir plus libre. Enfin, avec Tsew The Kid, j'ai appris à m'affirmer, à oser être une rock star ! Il m'a appris à utiliser l'espace, m'amuser sur scène, oser être libre ! Tous ces artistes ont été de véritables mécènes, travailler avec eux et les avoir sur mon album est un immense honneur.
Si tu devais dire quelque chose à l'enfant que tu étais il y a 10 ans et à l'homme que tu seras dans 10 ans, qu'est-ce-que ce serait ?
À l'enfant que j'étais, je lui dirais de ne pas lâcher l'école. Que c'est important et que cela permet d'acquérir de nombreuses facultés, connaissances et de la culture générale. Que ça peut paraître chiant mais que c'est important pour plus tard. À l'homme dans 10 ans, je lui dirais de reprendre l'école ! Je lui dirais qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre, reprendre ses études, pour avancer, se retourner et s'enrichir de connaissances. Rien n'est jamais terminé, il ne faut pas se mettre de barrière mais continuer d'avancer.
Après avoir remercié Théo pour cet échange, Ô combien inédit pour moi, je lui ai dit que ma fille qui écoute en boucle le titre Dépassé, n'allait pas en revenir ! Ravie de cette rencontre, je vous invite à aller découvrir l'œuvre de Nuit Incolore, en live, le 1er mars au Dianetum. Une belle soirée et un artiste, simple et généreux vous y attend.