Installation de l’armée allemande à Dreux - Alors que les Drouais revenaient peu à peu de l’Exode, les Allemands s’installèrent dans Dreux, réquisitionnant bâtiments publics et privés. La gendarmerie allemande « Kommandantur » s’installa dans l’hôtel de France, rue St-Martin. Les maisons particulières furent réquisitionnées pour abriter de nombreuses unités. Des rues entières furent exemptes de soldats allemands, l’ennemi s’appliquant à loger ses hommes dans un même secteur pour faciliter les regroupements en cas d’alerte. Le boulevard Dubois avec ses coquettes villas fut particulièrement recherché par les officiers. Ceux-ci avaient installé un casino (mess des officiers) dans l’immeuble de la rue de Châteaudun appartenant à la baronne Coche de la Ferté (actuelle mairie).
La troupe était cantonnée dans les écoles. Comme l’école de filles rue St-Martin, en face de la Kommandantur, hôtel de France. Sur le plateau sud, l’école Ferdinand Buisson, que l’on appelait « école blanche » avant-guerre par son architecture 1930 de béton blanc, était transformée en infirmerie. Badigeonnée de noir pour ne pas être visible de nuit par l’aviation alliée, elle était devenue « l’école noire ». Les jeunes soldats allemands en convalescence se baignaient régulièrement, complètement nus, dans le bassin du square Alexandre 1er de Yougoslavie, devant l’école. Les mamans du quartier retiraient alors précipitamment les gamins qui jouaient dans le square pour les faire rentrer à la maison.
La salle des fêtes fut transformée en « Soldaten Heim », théâtre et cinéma réservés à la troupe allemande.
Le cinéma « Idéal » continuait ses séances. La programmation des films était encadrée par les exigences de la « Propagande allemande » de Goebbels, imposant des films de propagande, et la censure de Vichy, plutôt religieuse.
Relation des maires de Dreux avec les Allemands et le régime de Vichy. Immédiate avec la Kommandantur. Puis avec l’État Français de Pétain. Le 10 juillet 1940, n’étant plus parlementaire depuis les années 30, Maurice Viollette ne participa pas au vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain. Par contre, le député de Dreux, Raymond Bérenger, le fit. Son inéligibilité, liée à ce vote, sera décrétée en 1945.
Les Maires de la collaboration. L’intégrité et l’engagement républicain de Maurice Viollette lui vaudront d’être révoqué de ses fonctions de maire de Dreux par le gouvernement de Vichy, dès le 11 décembre 1940. Il est arrêté à son domicile et conduit en résidence surveillée à Redon, en Ille-et-Vilaine, puis à Paris. Il sera remplacé par André Trubert, avoué à Dreux, nommé maire par arrêté préfectoral en mai 1941. Trubert démissionnera en mai 1942 et décédera en 1943. Georges Moreau, notaire à Abondant, nommé maire de Dreux par arrêté du Ministre de l’Intérieur le 30 juin 1942, démissionnera le 17 août 1944 après la Libération.
Les nouvelles lois. La loi sur les dénaturalisations est mise en place dès le 22 juillet 1940, un mois à peine après la proclamation du régime de Vichy de Pétain. Le premier statut des Juifs, qui exclut ceux-ci de la fonction publique et des fonctions commerciales et industrielles, date du 3 octobre 1940.
Les réquisitions. Le ravitaillement. Beaucoup de produits alimentaires, de produits manufacturés et le charbon, sont réquisitionnés pour partir en Allemagne. Les soldats allemands utilisent des marks d’occupation, les tickets de rationnement sont pour les Drouais et le marché noir.
Mais l’occupation eut d’autres répercussions beaucoup plus graves sur la population drouaise. À suivre...