« Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles » tel est le thème choisi par l’UNESCO pour la journée international des droits des femmes, cette année. Le dimanche 8 mars, on célébrera cette Journée de mobilisation pour faire le bilan sur la situation des femmes. En France, même si Olympe de Gouge publie La déclaration des droits de la Femme et de la citoyenne en 1791, rien n’était fait puisque en 1804, le code civil institutionnalise l’infériorité de la femme qui doit obéissance à son mari. Ce n’est que sous la IIIe République que les femmes accèdent à l’instruction. L’ordonnance du 21 avril 1944 accorde le droit de vote et l’éligibilité aux femmes. Il faudra attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que les revendications des femmes s’inscrivent dans la constitution. N’oublions pas la loi Marthe Richard qui interdit les maisons closes sur tout le territoire. La première femme ministre en France fut Germaine Poinso-Chapuis en 1947 (ministre de la Santé publique), puis ce fut Simone Weil en 1974, avec sa loi sur l’IGV (interruption volontaire de grossesse) votée en 1975. Mais attention, cette loi était votée pour cinq ans, reconduite ensuite et est depuis mars 2024, entrée dans la constitution. En 1960, on avait créé le Planning familial pour l’éducation sexuelle, la contraception et le droit à l’avortement mais ce n’est qu’en 1967 que la loi Neuwirth et ses décrets publiés en 1971, que les femmes auront droit à la contraception. Et en 1970, l’autorité parentale devient conjointe. Des faits marquants se sont produits en 1970 avec la création du MLF (Mouvement de libération des femmes), puis la même année, le Manifeste des 343 salopes, à l’initiative de l’avocate Gisèle Halimi et de nombreuses personnalités avouant avoir avorté. Sur le plan social, le principe de l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes est voté en 1972 mais toujours pas appliqué.
Un secrétariat à la condition féminine a été créé en 1974. De 1975 à 1993, la loi évolue avec l’entrée en droit français de la notion de harcèlement sexuel et la reconnaissance du viol entre époux par la Cour de cassation. La loi autorise le divorce par consentement mutuel. Le viol est reconnu comme un crime en 1980. En 1982, Yvette Roudy, ministre des Droits des femmes, fait adopter la journée du 8 mars et ce sera sa première édition. Elle fait voter une loi pour l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. En 1991, Édith Cresson est nommée première ministre. En 1992, on introduit la notion de harcèlement sexuel dans le droit Français. Après Margueritte Yourcenard, devenue immortelle en 1980, Marie-Curie est la deuxième femme à entrer au Panthéon. En 2004, on élabore un plan de lutte contre les violences faites aux femmes, d’autres suivront. Depuis 2006, la contraception est gratuite pour les mineures. 2014, adoption du terme Féminicide. En 2015, deux autres figures de la résistance entrent au Panthéon : Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Dans les années 2017-2021, la parole se libère avec #MeToo et #BalanceTonPorc, et met au jour la violence faite aux femmes. En 2018, Simone Weil entre au Panthéon. En 2019, un plan national vise à éradiquer les mutilations sexuelles féminines. En 2021, Josephine Baker entre au Panthéon. 2022, Élisabeth Borne est nommée première ministre, et Yaël Braun-Pivet est la première femme présidente de l’Assemblée nationale. En 2024, Mélinée Manouchian, résistante apatride communiste, membre des Francs-tireurs et partisans de la main-d'œuvre immigrée entre au Panthéon.