1 - ATTENTE DE LA LIBÉRATION
Si peu de Drouais ont entendu l’appel du 18 juin du général de Gaulle, ils commencent à suivre son message de continuer le combat contre l’ennemi. Au cours du dernier trimestre de 1940, la dépêche d’Eure-et-Loir, journal collaborationniste de Chartres, a déjà mentionné le nom du général de Gaulle à deux reprises, notamment pour signaler que le gouvernement de Vichy le désavoue. Le 22 novembre, à la suite des événements qui se sont produits en Afrique équatoriale, ce journal le qualifie de « traître » et « d’homme sans honneur ». Le 12 décembre, un entrefilet annonce que de Gaulle est déchu de la nationalité française par décret paru dans le Journal Officiel. Ces annonces n’empêchent pas les Drouais possédant un poste de TSF d’être de plus en plus nombreux à écouter les émissions d’information en français de la « Voix de Londres » sur la radio anglaise.
La Résistance à Dreux et en Eure-et-Loir. Dès 1940, la Résistance s’installe à Dreux, et en Eure-et-Loir, d’abord par des graffitis, des tracts puis elle s’intensifie et s’organise. Parmi les principaux chefs de la Résistance en région drouaise, on compte sur Pierre July, avoué à Dreux, futur député de Dreux, Maurice Clavel (Sinclair) accompagné de Sylvia Monfort et Roland Farjon - Maquis de Plainville.
Francis Dablin, dit « Mathurin », est surtout connu comme moniteur d’éducation physique auprès de l’Espérance Drouaise. En juin 1940, les bombardements meurtriers qui touchent la ville de Dreux jettent la famille Dablin sur les routes de l’exode. Très vite, Francis Dablin se lance dans des actions de Résistance. Il est rejoint par son fils Maurice, alors âgé de 15 ans. Sabotages de lignes téléphoniques, dégradations d’affiches de propagande, distributions de tracts accompagnent les vexations régulières infligées à l’occupant.
Débarquement du 6 juin 1944. L’espoir renait. La Résistance peut entrer en action pour aider la progression des armées alliées et ralentir les renforts de l’armée allemande.
Bombardement du 10/11 juin 1944. Quatre jours après le débarquement, soit dans la nuit du 10 au 11 Juin 1944, la ville de Dreux subit son deuxième bombardement important. Quatre ans auparavant, presque jour pour jour, dans la nuit du 09 au 10 Juin 1940, Dreux avait subi un bombardement intensif de l'aviation allemande, faisant de très nombreuses victimes. Cette fois- ci, en juin 1944, ce sont des avions amis qui vont lâcher leurs bombes destructrices sur la ville faisant de nombreuses victimes drouaises, dont les noms seront inscrits sur une plaque près du Monument aux morts.
Destruction du viaduc de Chérisy. Nuit du 18/19 juillet 1944. Depuis juin, la région drouaise et Chérisy subissent des attaques aériennes dont l’un des objectifs est la destruction de la voie ferrée. L’attaque du 18 juillet, à 18h, est un nouvel échec. Les 72 bombes lâchées par 18 Liberator n’atteignent pas leur cible. Il faut absolument empêcher la Wehrmacht de faire monter des renforts en hommes et matériels vers la Normandie. Les dégâts « collatéraux » de ces pilonnages aériens ont déjà provoqué la mort de trop nombreuses victimes civiles. Depuis peu, les résistants de Dreux ont rapporté 80 kg de plastic, du dernier parachutage de Crucey, dans le but de faire sauter eux-mêmes le viaduc. Le viaduc a sauté et avec lui, plus de 50 m du tablier. La voie est enfin coupée. Pendant plusieurs semaines, elle ne laissera plus passer de trains.
Bataille de Normandie. L’armée américaine s’approche peu à peu de l’Eure-et-Loir.
À suivre...