Le docteur Claude Grange, spécialisé dans les soins palliatifs et l’accompagnement de la fin de vie, a créé l’Unité de soins palliatifs de Houdan dans les Yvelines. Sa rencontre avec le philosophe Régis Debray a donné lieu à l’écriture d’un recueil de témoignages édifiants sur ce moment, le plus souvent redouté et occulté, du passage de la vie à la mort. Vivants, le film documentaire de Victor Grange, raconte le quotidien de ce service, créé par son père, en 1999, aujourd’hui malheureusement fermé.
Le Dernier Souffle a également inspiré le cinéaste Costa Gavras pour son film éponyme, sorti en janvier 2025. C’est au regard du témoignage de cet engagement sans faille auprès des personnes en fin de vie que le 43e prix littéraire des Nouveaux droits de l’Homme a été décerné aux auteurs du recueil Le Dernier souffle, Claude Grange et Régis Debray, publié chez Gallimard et Folio. C’est à l’invitation du président du groupe des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, en présence de Bernard Kouchner que Claude Grange a reçu son prix.
« Une remise de prix tout à fait exceptionnelle car il était également remis à Boualem Sansal pour l’ensemble de son œuvre », indiquait Pierre Bercis, président des Nouveaux droits de l’Homme. « Je vois dans ce prix un symbole qui me touche profondément. De droite comme de gauche, au-delà de nos sensibilités, nous sommes tous attachés à un même devoir d’humanité : accompagner au mieux les plus vulnérables, ceux dont la voix est fragile, dont la vie dépend du regard que nous portons sur eux. Comme quoi, la dignité humaine est imprescriptible, elle n’a pas d’étiquette politique », confiait Claude Grange. « Je ne suis pas écrivain. Je n’ai jamais eu cette ambition. J’ai simplement voulu témoigner de ce que j’ai vécu comme médecin pendant 25 ans dans un service public de soins palliatifs : la fin de vie, la souffrance, mais aussi la fraternité, la tendresse, parfois même la joie inattendue des derniers moments, grâce à toute une équipe bienveillante de soignants ».
Ce prix prend une dimension particulière, puisqu’il est remis en même temps pour l’ensemble de son œuvre à Boualem Sansal. « Je me sens très intimidé d’être associé à cet immense écrivain et grand humaniste. Un homme libre, courageux, engagé pour les droits de l’Homme. Sa plume est une lumière qui traverse les frontières. Si j’ai accepté d’écrire, c’est pour rappeler une chose très simple : les droits de l’Homme ne s’arrêtent pas quand la vie décline. Ils demeurent jusqu’au dernier souffle ».