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9-10 juin 1940 - Bombardement de la ville de Dreux par l’aviation allemande.

Le bombardement de la ville de Dreux par l’aviation allemande dans la nuit du 9 au 10 juin 1940 eut de terribles conséquences.

Bombardement allemand 9 juin 1940. Rue St-Martin, deux immeubles aux n°37 et 39 ont pu être conservés - © Droits réservés
Par Manon BROUSSEAU - Le 16 février 2026

Le bombardement de la ville de Dreux par l’aviation allemande dans la nuit du 9 au 10 juin 1940 eut de terribles conséquences.

Le quartier de la gare fut le plus touché. Dans les décombres, les secours découvrirent de nombreux morts et blessés et des personnes indemnes, choquées. Autour de la gare, toutes les voies principales et de service sont détruites. L’Hôtel Terminus en face de la gare est coupé en deux, atteint par trois bombes. Ce soir-là, tous les pilotes polonais, dont le groupe d’avions était basé à l’aérodrome de Garnay-Vernouillet, et leurs conseillers français, prenaient leur repas à l’hôtel Terminus. On releva 10 morts, sans compter les blessés. Les immeubles et les boutiques de la rue St-Martin ont beaucoup souffert. Derrière cette rue, les toitures de la crèche, de l’école et de l’ancienne chapelle furent arrachées. Les maisons détruites ne seront pas reconstruites et leur emplacement forme l’actuelle place du musée. La chapelle sera réparée et transformée en musée municipal. La rue d’accès à cette place sera dénommée « Rue du 9 et 10 juin 1940 ». 

Le bombardement le plus meurtrier se situa au niveau de l’hôpital (entre la rue St-Denis et le boulevard Louis-Terrier). Les bombes tombèrent sur l’hôpital. La salle d’opération et les bâtiments hospitaliers virent leur toiture en partie arrachée, leurs façades éventrées. La maternité, atteinte par trois torpilles, s’effondra, ensevelissant plus de vingt personnes dont 10 morts, pendant que le feu se déclarait dans les décombres. 

Plus de 80 blessés et survivants, répartis dans toute la ville, furent rapatriés au sanatorium des Bas Buisson et à l’hôpital auxiliaire du collège St-Pierre. Rapidement, on se rendit compte que le bombardement avait fait de nombreux morts. Le registre des actes de décès de la ville de Dreux, tenu seulement au retour d’exode fin juin, fait état de 87 victimes lors de ce bombardement du 9 juin 1940. 38 personnes à la gare (9 non identifiées), 26 cheminots au poste des Bléras et 23 victimes réparties dans plusieurs endroits de la ville. Les blessés, décédés de leurs blessures, n’ont pas été recensés. Deux soldats anglais, appartenant l’un au régiment (The Duke of Wellington) et l’autre au « Scothern régiment », ont été tués ce jour-là.

Le 10 juin, c’était le certificat d’études à Dreux. Les candidats étaient convoqués pour 7h30 à l’école des garçons Godeau. Il est évident que l’inspecteur d’académie primaire, Mr Robert, renvoya les candidats. 

Les Drouais, en grande majorité pris de panique, quittèrent la ville pour partir en « exode » vers le sud, rejoignant ainsi les files de réfugiés venant du nord de la France.

Le 13 juin, le préfet d’Eure-et-Loir, Jean Moulin, et le maire de Dreux, Maurice Viollette, constatèrent, dans une ville de Dreux désertée de ses habitants, les dégâts occasionnés par le bombardement allemand. Des rues semées de ruines.

Le 15 juin, les Allemands entrèrent dans Dreux. Ils s’aperçurent que, sur les quelques 300 bombes déversées sur la ville, une soixantaine n’avait pas explosé. Une commission de la Luftwaffe fut chargée de comprendre ce phénomène. Elle conclura à une erreur de trajectoire des Stukas volant en piqué pour lâcher leurs bombes qui tombaient sans exploser. Ce mauvais angle fut rectifié pour les bombardements à venir. La ville de Dreux fut donc involontairement à l’origine d’une meilleure utilisation par l’aviation allemande de leurs bombardiers.
L’occupation de la ville de Dreux par l’armée allemande commença alors….

 

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